Rêves d'un observatoire lunaire

Imaginez que vous puissiez construire un observatoire sur la Lune. Que chercheriez-vous ?





C'était essentiellement le brief donné au Lunar University Network for Astrophysics Research, ou consortium LUNAR, lorsque la NASA lui a demandé de spéculer sur l'astrophysique unique qui pourrait être réalisée sur la Lune.

La face cachée de la Lune a une caractéristique qui la rend particulièrement attrayante pour les astronomes : elle est protégée des émissions radio qui rendent les observations astronomiques à ces fréquences pratiquement impossibles sur Terre. En conséquence, le consortium LUNAR dit qu'il devrait être possible de faire deux types d'observations radio qui ne sont pas possibles depuis la Terre.

La première consiste à cartographier la distribution de l'hydrogène neutre dans l'univers à l'époque suivant la création du rayonnement de fond cosmique micro-ondes et avant que l'Univers ne soit éclairé par les premières étoiles, une période appelée l'âge des ténèbres. C'est la période entre environ 100 et 500 millions d'années après le Big Bang.



Le rayonnement décalé vers le rouge émis par l'hydrogène à ce moment-là est maintenant dans la région radio du spectre mais ne peut pas être bien mesuré sur Terre à cause du bruit. Ainsi, un radiotélescope décent sur la Lune fournirait une fenêtre unique sur cet aspect de l'histoire de l'Univers.

Une autre idée est d'étudier la façon dont les particules sont accélérées dans l'héliosphère en écoutant les émissions radio qu'elles produisent. Encore une fois, cela ne peut être fait que dans l'environnement radio-silencieux fourni par la face cachée de la Lune.

Enfin, le consortium LUNAR propose de mesurer la distance à la Lune et son évolution avec plus de précision à l'aide de techniques de télémétrie laser. Cela pourrait révéler d'étranges anomalies gravitationnelles et tester le principe d'équivalence. Malheureusement, les réflecteurs placés sur la Lune par les astronautes d'Apollo ne sont pas assez bons à ces fins, de nouveaux réflecteurs doivent donc être envoyés en l'air.



Une chose à laquelle le consortium LUNAR ne s'étend pas est une analyse du coût de tels projets, qui peut avoir une incidence sur leur construction.

Mais à en juger par l'état précaire des finances de la NASA, il y a peu de chances que ces idées voient le jour dans un avenir prévisible, aussi bon marché soient-elles.

Réf : http:// arxiv.org/abs/0909.1509 : Science from the Moon : Le réseau NASA/NLSI Lunar University for Astrophysics Research (LUNAR)



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