Gilbert Metcalf

De nombreux économistes soutiennent que, bien que cela puisse être douloureux pour les consommateurs, la meilleure façon de lutter contre le changement climatique est de mettre un prix sur le dioxyde de carbone et d'autres émissions à base de carbone, rendant ainsi les combustibles fossiles plus chers et les sources d'énergie alternatives plus compétitives.





L'Union européenne a mis en place un programme d'échange d'émissions de carbone en 2005. Aux États-Unis, une proposition de système similaire est au centre de la politique énergétique de la nouvelle administration. Dans le cadre de tels programmes, une autorité de réglementation fixe un plafond sur les émissions totales de carbone, et des quotas d'émissions négociables sont émis ou vendus aux enchères aux industries. Mais de nombreux économistes prônent une approche beaucoup plus simple : une taxe carbone prélevée directement sur la production de combustibles fossiles.

Bouée de sauvetage pour l

Cette histoire faisait partie de notre numéro de janvier 2009

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Au cours des dernières années, Gilbert Metcalf, économiste à l'Université Tufts, a calculé les coûts et les conséquences d'une telle politique. Il explique au rédacteur en chef de Technology Review, David Rotman, pourquoi une taxe carbone est une bonne idée.



ENFANTS : Combien de revenus une taxe carbone augmenterait-elle aux États-Unis ? Qui obtiendrait l'argent?

Gilbert Metcalf : Pour une taxe initiale de 15 $ par tonne de dioxyde de carbone, j'estime que la taxe rapporterait environ 85 milliards de dollars par an. Le Trésor américain obtiendrait l'argent. Mais votre vraie question est : que fait le Trésor avec l'argent ? J'ai proposé de créer un crédit d'impôt dans l'impôt sur le revenu des personnes physiques. Cela garantit que nous n'augmentons pas le fardeau fiscal global pendant cette récession et que nous ne chargeons pas de manière disproportionnée les ménages à faible revenu.

ENFANTS : Pourquoi une taxe carbone plutôt qu'un programme de plafonnement et d'échange ?



DG : Alors que les entreprises planifient des investissements à long terme, des centrales électriques qui durent 50, 60 ans ou plus, elles doivent savoir à quel prix elles vont devoir faire face pour rendre ces centrales compétitives. Avec une taxe, nous savons quel est ce prix. C'est le taux d'imposition. Avec le plafonnement et l'échange, nous avons beaucoup moins de certitude quant au prix. Par exemple, nous voyons les prix du carbone chuter [dans l'UE] parce que la demande d'énergie diminue à mesure que l'économie ralentit.

ENFANTS : Au-delà de permettre un prix plus prévisible, pourquoi une taxe carbone est-elle meilleure qu'un système de plafonnement et d'échange ?

DG : C'est beaucoup plus simple. Du point de vue de l'efficacité et de l'administration, une taxe carbone est une meilleure approche. Je pense qu'il y a un consensus clair là-dessus parmi les économistes.



ENFANTS : Dois-je payer une taxe carbone sur ma facture d'électricité ou à la pompe à essence ?

DG : Non. La meilleure façon d'imposer une taxe sur le carbone serait de taxer le charbon au fur et à mesure qu'il sort du sol. Vous pouvez prélever la taxe là où cela vous convient le mieux : la mine de charbon. Pour le pétrole, dans les raffineries. Il est assez facile d'attraper tous les combustibles fossiles avec un petit nombre de contribuables. Administrativement, c'est très simple.

ENFANTS : Néanmoins, l'impact de la taxe atteindra, bien entendu, le consommateur.



DG : Oui.

ENFANTS : Compte tenu de l'état lamentable de l'économie, dans quelle mesure une telle nouvelle taxe est-elle politiquement faisable ?

DG : L'élan politique favorise clairement le plafonnement et l'échange. Le jeu à Washington a été de concevoir un système de plafonnement et d'échange qui agit autant que possible comme une taxe sur le carbone sans être une taxe.

ENFANTS : Le système de plafonnement et d'échange fonctionne-t-il vraiment dans l'UE ?

DG : On commence à avoir du sens. Je pense que cela ne sera pas efficace pour atteindre les objectifs. C'est un système partiel. Il n'inclut que le secteur des services publics d'électricité et certaines industries à forte intensité énergétique. Le secteur des transports n'est pas du tout dans le système. Il y a certainement de nombreuses leçons que nous pouvons tirer de l'UE. approche, mais la leçon la plus importante peut être comment ne pas concevoir un système d'échange de carbone.

ENFANTS : Avec le prix du pétrole si bas, l'effet d'une taxe carbone sur l'innovation se perd-il ?

DG : Cela fait. La plupart des propositions fixant un prix initial sur les émissions de carbone n'ajoutent qu'environ 25 à 40 cents au prix d'un gallon d'essence. La véritable action sera dans le secteur du charbon. Cela a un impact énorme là-bas. Le secteur des transports est très important – quelque 40 % de nos émissions de carbone proviennent du secteur des transports – mais ce n'est pas l'endroit le moins cher pour obtenir nos premières réductions d'émissions. Le moins cher sera le secteur de l'électricité et de l'industrie.

ENFANTS : Combien une taxe carbone ajoutera-t-elle au coût de l'électricité ?

DG : Une taxe de 20 $ par tonne de dioxyde de carbone ajoute environ 15 % au coût de l'électricité. Pour l'électricité au charbon, ce sera beaucoup plus. Cela fera plus que doubler le prix du charbon, soit une augmentation d'environ 40 % du prix de l'électricité produite au charbon.

ENFANTS : La récession économique actuelle affecte-t-elle ce débat ?

DG : Les retombées intéressantes de la crise économique sont qu'il y a eu cette histoire d'amour avec l'approche de plafonnement et d'échange : nous créons ces marchés, nous créons ces actifs et laissons le commerce se produire. Eh bien, je pense qu'une partie de la floraison vient de la rose dans la création de ce genre d'instruments [financiers]. Je ne sais pas ce que cela signifiera pour l'attractivité relative d'une taxe carbone par rapport à une approche de permis, mais je pense que cela pourrait rendre la taxe beaucoup plus attrayante politiquement.

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